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Petit voyage dans les grands espaces - 16/11/2007

Avec Maria

Les amis du bout du monde

Notre rencontre avec l'Australie a debute par des retrouvailles attendues avec Maria, a Melbourne. Pour la premiere fois, nous etions attendus a l'aeroport, quel plaisir ! Assya et Maria s'etaient rencontrees il y a une dizaine d'annnees, alors animatrices de centres aeres. Nous ne nous etions pas revus depuis son mariage avec Marco, l'annee derniere dans le Nord. Emotion, donc, et un court programme pour tout se raconter, decouvrir l'Australian Way of Life et voir un peu de pays. Maria et Marc habitent a Somerville, a une heure de Melbourne et a dix minute de la plage... Ces quelques jours ont ete l'occasion pour nous de beaucoup jouer avec l'adorable Sienna, leur fille, et de rattraper le temps perdu. Maria, qui suit une formation de therapeute par le massage, nous a guide dans les alentours : nous avons decouvert nos premieres plages australiennes ! sable blanc, surfeurs, grosses vagues turquoises. Passionnante visite a la ferme des parents de Marc, ou celui-ci travaille. Depuis plus de vingt ans, les fleurs qu'ils produisent et vendent a Melbourne ont acquis une belle reputation. Marco nous a patiemment explique tout le processus de production sous des serres interminables et colorees de millions de roses et de gerboras. En bon Australien, Marc ne voulait pas nous laisser partir sans avoir goute a la tradition nationale, le Barbecue ! On s'est regales de cotelettes et de saucisses sur la terrasse de nos amis qui, jusqu'au bout, nous auront recus comme des Princes. Encore un grand merci a tous les deux, on vous embrasse tres fort et on vous dit a l'annee prochaine en France !

Le rocher du desert rouge

Dans le desert rouge...

Apres ce trop court sejour tout confort, nous avons decolle pour Yulara. Un nom qui ne dit rien pour une ville qui n'en est pas une. Cet aeroport pose au milieu de rien est lie au complexe hotelier installe a cote d'Ayers Rock, le tres photogenique monolithe de centre rouge. Un centre qui porte bien son nom : depuis le hublot de l'appareil, nous avons passe une bonne heure a contempler ce desert ocre, l'un des endroits les plus arides au monde. L'Australie est un pays immense, grand comme quinze fois la France. Ce vol nous a permis de comprendre, en partie, pourquoi il n'abrite "que" vingt millions d'habitants. Arrivee a Ayers Rock - auquel on prefere souvent le nom aborigene : Uluru. A vingt kilometres du parc national ou repose le rocher, un operateur a construit six hotels dans les annees 90. C'est le seul mode d'hebergement a 300 kilometres a la ronde. Clientele captive, vous avez dit ?! Arrives sans avoir reserve, nous prions pour qu'il reste des lits dans l'auberge la plus economique. Bingo, mais ca sera dans deux dortoirs non mixtes, hebergeant chacun vingt personnes. L'armee, mais en mieux : il y a quand meme une piscine ! Nous passons l'apres-midi a planifier notre sejour ici, et notamment a avancer notre vol retour vers Sydney. Le planning incluait quatres jours avec une eventuelle visite a Kings Canyon (a 150 km), qu'on ne peut faire qu'en voyage organise, a prix outranciers. On choisit donc de se concentrer sur Uluru. Reservation de la seule navette qui nous emmenera voir le lever du soleil sur le rocher, a 4h45. Nous aimerions aussi aller voir l'autre attraction du parc : Kata Tjuta, d'autres formations rocheuses moins connues et pourtant apparemment tout aussi spectaculaires. Lever a l'aube, vendredi 9 novembre. Assya a du essuyer tout la nuit les ronflements nippons de sa voisine de lit... On file dans le parc pour le "Sunrise", ou une foule de bus a deja deverse ses touristes, groupe apres groupe. C'est un desert, et tout le monde se marche dessus. On decouvre Uluru, immense, ocre en diable, et rougissant dans le jour qui se leve. On a reussi a s'eloigner un peu de la foret d'appareils photos, et cet instant n'appartient - presque - qu'a nous. On enchaine par la randonnee qui permet de faire le tour du rocher. Il fait grand beau, deja chaud a 7h30 du matin, et le vent etale dans le ciel quelques superbes nuages. Toutes les photos qu'on en voit ne parviennent pas a dire la puissance d'Uluru, la taille demesuree de ce monolithe - 348 metres (soit 24 de plus que la Tour Eiffel) dont la plus grande partie serait sous terre. On se sent tout petit et on decouvre les facettes que ne montrent pas les cartes postales : cavernes, ondulations, trous d'eau. Les couleurs se jettent sur nos yeux et on s'en regale. Fin de matinee, on rejoint le visitor centre. Deux options s'offrent a nous : reprendre la navette pour l'hotel ou une autre navette - plus chere encore - nous emmenera a Kata Tjuta (il n'y a pas de liaison entre les deux sites, malin !) ou tenter notre chance sur le parking et essayer de prendre au vol une des nombreuses voitures de location que les touristes louent souvent ici. On tente notre chance... Ben essuie deux refus polis, Assya se lance sur un type tout seul. Il accepte aussitot dans un grand sourire ! Rencontre avec John, notre nouvel ange gardien !

John, notre nouveau copain

Notre rencontre dans le no man's land

A peine montes dans la voiture, on parle de tout et de rien. John a 37 ans, il est courtier en prets immobiliers et habite... Sydney. Il s'interesse beaucoup a la France, dont il connait bien l'histoire et les dernieres elections - Il est fascine par Napoleon ! On evoque l'Australie, la politique, l'immigration, les voyages, tout en decouvrant Kata Tjuta, que les colons ont bapitse Mounts Olga. Contrairement a Uluru, ce n'est pas un bloc mais plusieurs formations rapprochees, d'un rouge intense, et plus hautes encore qu'Uluru. On en fait la decouverte sous un soleil brulant. John nous explique plein de choses sur son pays. Sur les aborigenes notamment, qui ont vecu ici plus de 40 000 ans, on ne sait comment. Aujourd'hui, la plupart d'entre eux ont ete marginalises et sont devenus dependants a l'alcool. Il n'y a que 200 000 aborigenes en Australie, beaucoup se sont metisses. Quelques communautes vivent encore autour d'Uluru. Nous avons croise quelques aborigenes autour de notre hotel : leur physique est definitivement particulier. Comme c'est leur souhait, nous n'avons pas pris de photos d'eux. Leur culture est desormais largement promue par l'Etat, dans un mea culpa politico-commercial. Une polemique subsiste par exemple : faut-il monter sur Uluru ou pas ? Une piste permet de le faire en quelques heures. Les guides et une vaste campagne de communication indiquent que ce serait degrader un site millenaire sacre pour les aborigenes. John avance une autre theorie, qui veut que le mythe aborigene soit utilise pour des raisons de securite. Plusieurs dizaines de personnes se sont tuees ou gravement blessees en tombant du rocher. Que croire ? Dans le doute, et notre soif de romanesque nous y pousse, nous choisissons de respecter cette croyance, qu'elle existe ou non... Milieu d'apres-midi, John nous propose de nous raccompagner a notre hotel avant de venir nous reprendre le soir meme pour aller voir le soleil se coucher sur Uluru. On accepte avec plaisir. Dans la lumiere du soir, le rocher devient rouge incandescent, irreel. On termine la journee au bar de l'hotel ou nous remercions notre guide en lui offrant un verre... De surprise en surprise, il nous apprend que nous partageons le meme vol vers Sydney le lendemain, et qu'il serait heureux de nous aider a trouver une auberge ! Une fois de plus, on accepte, genes, devant tant de gentillesse...

Le pont du Sydney Harbour

Sydney : sea, surf and sun !

Sydney, nous voila ! Et quelle entree ! Des l'aeroport, John nous fait monter dans le taxi qu'il a reserve : une enorme berline noire interieur cuir avec un chauffeur en costume pour poser nos sacs poussiereux dans le coffre. Ca nous change des taxis Boliviens ! John nous emmene au pied de chez lui. Il projette de prendre sa voiture et de partir avec nous en quete d'un toit. Dans notre carosse d'ambassadeurs, nous tombons nez a nez avec l'opera, puis le pont de Sydney que nous traversons... Quelle arrivee ! John habite presque au pied du pont... Pendant que nous l'attendons, un couple de maries et leur equipe d'honneur fait ses photos, avec la baie en toile de fond. Sympa ! John nous rejoint dans sa voiture : une Jaguar, qui nous emmene a nouveau a travers le pont vers le quartier de Glebe. Comme l'avait pressenti notre guide, nous trouvons une belle auberge dans ce joli quartier etudiant. On remercie chaleureusement notre bienfaiteur qui nous souhaite bon voyage. On espere revoir John, peut-etre a Paris pour lui montrer la tombe de Napoleon...
Premiere soiree a Sydney. On part a la decouverte de notre quartier et de Darling Harbour, une marina a mi-chemin du centre, bardee de restaurants, de centres commerciaux et de parcs. La premiere impression peristera : il fait bon vivre ici ! Nos journees a Sydney nous ont fait succomber au charme de cette ville. Une population metissee, un compromis reussi entre gratte-ciel, architecture britannique, city et verdure. Le melange est un succes. Sydney, c'est New York en tongs ! Pas de gastronomie typique, alors on devore les sushis, les currys, les burgers qu'on trouve dans les Food Courts. A travers nos promenades, on a apprivoise l'Opera et le pont sous tous les angles. On a beau s'attendre a ces deux reperes mondialement connus, ils surprennent quand meme par leur  classe, par leur demesure. Les Australiens aussi etonnent, mais par leur gentillesse. La carte a peine depliee dans la rue, on vient nous demander si on peut nous aider, on nous indique la route... Comme Assya le remarquait, "ils sont tous beaux ici !" Pas faux. On sent surtout une belle ouverture d'esprit, une cool attitude qui nous ont bien plues. Les cinq jours passes ici nous ont permis de reprendre des couleurs, et de passer notre premier 11 novembre en terrasse, on s'en souviendra !

Sur la vague, a Bondi Beach

Ocean et montagnes : le bleu en commun

Puisque le temps etait avec nous, nous avons meme pousse le vice jusqu'a nous payer une seance de bronzette ! Et pas n'importe ou : a Bondi Beach, le Malibu de l'Australie. Ici le style est un prerequis, le short un imperatif, la tong... une base. C'est le repere des surfeurs de la capitale et des sirenes en bikiniminimini. Bon, on detonnait un petit peu avec nos tenues de routards, mais on s'est joints a la foule sans complexe, profitant de la plage, de l'ocean et des vues imprenables sur la jeunesse australienne. On confirme que les mythes du beau surfeur australien et de la superbe naiade de Bondi... ne sont pas des mythes ! Nous avons passe un super moment sur cette plage exceptionnelle. Autre escapade, cote nature cette fois, pour passer la journee au Parc National des Blue Mountains. Deux heures de trains pour se retrouver au bord d'une interminable foret. Le parc doit son nom aux vapeurs bleutees qui flottent au dessus du bush et des vieilles montagnes. De ces formations, il reste des falaises elevees et parfois joliment decoupees, comme les tres visitees "Three sisters". L'endroit est ideal pour une jolie randonnee a travers la foret que nous concluons par l'ascencion d'un escalier geant, ca devient recurrent. 960 marches a flanc de falaise. Ca rappelle un peu l'ascension du Huayna Picchu ! Conclusion de nos visites a Sydney, celle d'une reserve animaliere sur la baie. On ne voulait pas quitter l'Australie sans avoir vu de kangourous, de koalas et surtout... de wombats ! Ils ne sont pas tres connus chez nous, et nous les avons decouvert a travers un livre pour enfant que nous avons adore : les Wombats sont de gros nounours qui passent leur temps a dormir ! On les a adores, au meme titre que les koalas, qui doivent avoir des parentes dans le monde des peluches !

Faune protegee...

En route vers un nouveau monde !


Nous quittons l'Australie ce vendredi 16 novembre. Petit bilan ? Comme pour la Nouvelle-Zelande, nous avons adore les paysages, la decontraction des villes, l'accueil des habitants. On se sent bien ici. L'influence americaine dans ses bons cotes, quelque chose de Britannique dans le quotidien, une conscience de l'environnement qui fait plaisir... Vraiment attirant ! Comme en Nouvelle-Zelande, on s'est retrouves un peu en manque d'une dimension culturelle : l'Australie des Australiens n'existe que depuis 200 ans ou presque. Ces jeunes nations n'ont pour racines que l'histoire de l'Empire Britannique. Pour autant, les deux pays ont chacun une culture indigene trop peu mise en valeur. Les Maoris en Nouvelle-Zelande et les Aborigenes ici, premiers habitants de ces terres desormais cosmopolites, n'ont sans doute pas la place qu'ils meritent.
Ce soir, nous serons en Thailande. Nous avons du mal a realiser ! Autres langues, autres alphabets, autres cultures, autres religions... Pour le coup, le depaysement sera total. Nous avons vite trouve nos marques ici. La pause oceanienne a ete formidable. Nous nous preparons a perdre tous nos reperes en Asie ou, tel que nous l'imaginons, le quotidien devrait respirer ces cultures millenaires.
On vous embrasse et on continue de se delecter de vos ecrits ! A tres bientot,

Assya et Ben

PS : Petit point sur notre equipement :

- Depuis notre depart, nous n'avons eu qu'a deplorer un vol : celui du couteau suisse de Ben. Il a du se produire dans les premiers jours, peut-etre meme a Roissy ! On s'en sort bien avec le couteau d'Assya et on veille a garder nos affaires. Pour l'instant, notre vigiliance a paye ! Pourvu que ca dure !

- Autre perte a deplorer : un cadenas, que nous avons du detruire cette semaine a Sydney. Nous avions enferme nos sacs dans un casier, en securite a l'auberge, mais avec la cle du cadenas a l'interieur... Nous avons donc eu recours a l'enorme pince qui tronait derriere la reception. La pince 1, le cadenas, 0...

- De notre trousse de secours super equipee, nous n'avons pour l'instant sorti qu'un peu de Paracetamol, quelques sachets de Smecta (eh oui...) et trois pansements : deux pour une cloque et un pour... le Panama de Ben qui a pris une petite entaille au Perou...

- Voila pour les pertes... Cote acquisitions, pas grand chose a part les produits de toilette. A croire que nos sacs etaient plutot complets des le depart.