Estomac dans les chaussettes mais tete dans les nuages... - 04/02/2008
Notre retour avance !
Un petit billet un peu particulier cette fois et un peumoins de lecture que d'habitude. Plusieurs circonstances...
Nous serons de retour parmi vous plus tot que prevu ! Assya
rentre le 20 fevrier en France tandis que Ben devrait
prolonger son sejour en Inde jusque fin fevrier. Rassurez
vous, tout se passe toujours au mieux sur notrepetitmonde,
c'est juste que des choses nous appelaient en France, des
choses qui ne pouvaient pas attendre debut avril. Assya
s'engage definitivement dans la vie locale roubaisienne :
elle est candidate aux elections municipales de mars
prochain, Apres avoir pese le pour et le contre, nous avons
juge que six potentielles prochaines annees de mandat
valaient bien ce raccourcissement. Ou plutot ce report !
Puisque nous preparons un nouveau mini-depart pour visiter,
comme prevu, la Chine et nos chers amis Chang, Greg et
Celestin, sans doute cet ete. Nous aurons sans doute
l'occasion d'en reparler... Pour l'heure, apres avoir pris
cette difficile decision, nous profitons de
chaque jour a 100 %, dans la limite de nos possibilites...

Sans dessus-dessous...
Et nos possibilites ne sont pas toujours au mieux !
A peine arrive a Pokhara, Ben subit ce qui semble etre une intoxication alimentaire. Sans aller dans le detail des symptomes, il est allite pendant plusieurs jours. Nous passons des journees tranquilles a tenter de retrouver la
forme et a admirer les pics enneiges derriere les rideaux de notre chambre. Nous devons annuler le trek programme dans les montagnes.
Apres son retablissement, le ciel s'est malheureusement couvert d'un epais manteau gris. Les montagnes les plus hautes du monde ont comme ete effacees. Impossible de les deviner.
Assya, qui souffre, depuis fin decembre, de nausees chroniques, vit de nouveaux moments penibles quand celles-ci s'intensifient. On se relaie alors
dans le lit ! Ben se retablit doucement, mais les medicaments restent sans effet sur Assya. Alors que l'on s'appretait a nous rendre a l'hopital, le salut nous vient du gerant suisse de notre guest house, au coeur du Chitwan National Park. Il est au Nepal depuis plusieurs annees et, a la description des symptomes, n'a aucun mal a diagnostiquer la giardiase ! Une infection tres repandue au Nepal, liee a de l'eau contaminee. Le simple fait de se brosser les dents avec de l'eau contaminee peut suffir a contracter le microbe. La maladie vient et repart. C'est
exactement ca ! Avec un nom sur le mal, nous parvenons a obtenir le bon traitement et depuis, tout va pour le mieux !
C'est sans compter les problemes de sante de notre equipement ! Apres des soucis de batterie avec l'appareil d'Assya, c'est l'appareil de Ben qui ne veut plus prendre la moindre image. Ecran noir des que l'on tente une prise de vue... On tente tout pour le reparer et on s'acharne a le rallumer, mais rien n'y fait... On a bien peur de ne pas pouvoir vous faire partager autant d'images a l'avenir.
Tout est sans dessus-dessous...

In extremis a Pokhara
Entre deux assauts de la maladie, nous parvenons a decouvrir quelque peu Pokhara. La seconde ville du Nepal est bien plus calme et verdoyante que Katmandou. Elle s'etire sur des lacs magnifiques, dans lesquels se refletent les
montagnes par temps clair. Paisible et detendu, son quartier historique est peu etendu et son attrait reside surtout dans sa position geographique : elle est au pied des sommets les plus hauts du monde. Les pics enneiges de la chaine himalayenne se dessinent sur le ciel bleu a plus de 7000 metres de hauteur !
Nous visitons l'un des symboles de la ville : La Pagode de la Paix. Elle est juchee en haut d'une colline. On se perd de longues heures dans la foret, avec un couple americano-coreen, avant de rejoindre son dome blanchi et de jouir de la vue sur la ville, les rizieres et terrasses en contre-bas.
Autour de Pokhara, de paisibles villages tibetains sont niches au milieu des champs de moutarde en fleurs.

Petit vol en tandem au dessus des rizieres
On a attendu une eclaircie, un grand ciel bleu, quelques rayons de soleil, mais ils ne sont pas venus. Alors, en depit du mauvais temps et remis de nos soucis de sante, on a saute ! Ou plutot, on a couru ! On a couru dans le vide avant de s'envoler en parapente...
Experience magique d'une heure au dessus des montagnes. Rush d'adrenaline. Le paysage des terrasses vu d'en haut est un enchantement. La sensation des courants chauds ascendants est un vrai bonheur. Dans notre vol, nous sommes escortes pas de bien etranges parapentistes : des aigles et rapaces, nos guides pour trouver les trajectoires a prendre pour poursuivre le vol. Ils sont en nombre et d'une envergure impressionnantes. Les voir de si pres en plein vol est un vrai cadeau.
Ben se voit meme confier les commandes de la voile et finit par quelques acrobaties vertigineuses au-dessus du lac de Pokhara.. histoire de se prendre 3 jets de vitesse sur le corps. Tout juste assez pour le rendre nauseeux alors qu"assya a deja recidivie l'experience "Maison de Victor Hugo" dans les airs et au dessus de l'Himalaya, s'il vous plait !

Trek dans la jungle nepalaise
On prend la route pour le sud du pays. Rendez vous au Parc National du Chitwan, un parc protege de qui s'etend sur les piemonts de l'Inde et du Nepal. Il est l'un des derniers refuges du rhinoceros unicornes et du tigre du Bengale.
Le programme semble donc allechant. Un peu requinques, on reprend nos chaussures de randonnee pour quelques jours de marche dans le Parc. Entoures de nos guides, un devant et un derriere, - c'est la procedure de securite !!! - on part a l'affut de la faune. Des les premiers pas, nos guides nous previennent des solutions a adopter en cas de rencontre avec un animal repute agressif : un ours, on forme un rond et on fait le plus de bruit possible. L'ours fait jusqu'a deux metres de haut... Bon, soit ! Un rhinoceros, on grimpe a un arbre et s'il n'y a pas d'arbre, on court en zigzag. Le rhino pese environ 2,5 tonnes et on imagine bien qu'un coup de corne lui suffirait a arracher l'arbre, mais soit ! Un tigre, il s'agit de le regarder droit dans les yeux et de reculer tout doucement sans tourner le dos. La ferocite et la puissance du Tigre du Bengale, capable de tuer des animaux ayant trois fois son poids, n'est plus a prouver : on a vraiment pas envie d'avoir a soutenir le regard de ce chaton de plus de 2 metres ! Nos guides sont equipes de baton de bois et surtout le tigre est un animal nocturne, ceci devrait nous sauver pour cette fois.
Reste la question du rhino ! Elle se pose tres rapidement car nous sommes bien vite sur ses traces. Ce bulldozer imprime ces marques partout et arrache tous les feuillages par lesquels il passe. Nous marchons silencieusement pour avoir de plus grandes chances de croiser la bete. Quand on repere du bruit, nos guides s'approchent precautionneusement en nous laissant en planque derriere un arbre. On croise vite le chemin du premier, mais d'un peu trop pres et nos guides nous demandent de courir, courir, courir... Les autres rencontres sont plus paisibles : les rhino passent devant nous paisiblement, traversent les fourres, equipes d'une armure qu'on croirait tout droit issu de la Prehistoire. Impressionnant.
Plus enchanteur est le spectacle des daims, biches et cerfs qui peuplent le parc national. Unis ou a pois blancs, ils sont d'une elegance et d'une fragilite qui laisse reveur. Dans la brume du matin, au bord des lacs et rivieres, leur presence delicate est une chimere. Au cours de nos journees d'excursion, nous tombons nez a nez avec de nombreux crocodiles et gavials. Terrifiants de silence et d'immobilite. Quand on s'approche d'un peu trop pres, le croco ne perd pas son sang froid et nous le signifie par un rale monstrueux qui nous fait bondir en arriere. On ne se lasse pas de les regarder prendre des bains de soleil et jouer au mort pour attirer les proies.
Nous n'aurons apercu aucun ours. Pour sur, ils nous auront sans doute vus. On a une nouvelle fois l'impression d'etre dans un monde ou nous sommes exposes. Les animaux nous reperent a des centaines de metres sans se laisser voir. Ils nous epient sans un bruit. On a l'impression de centaines d'yeux poses sur nous et nos grosses chaussures qui agitent les feuilles avec un bruit d'enfer. La vegetation est luxuriante et les talents de camouflage de nos hotes ne sont plus a prouver.
Quant au tigre, nous en croiserons un... en captivite. Spectacle difficile de cette beaute de la nature en cage dans sa propre jungle. Triste histoire d'un bebe tigre dont la maman etait une tueuse d'hommes. Triste histoire d'un bebe qui ne peut donc pas etre libere car il est programme a manger de la chair humaine. Nous l'approchons de pres, de tres pres. Enfermee dans un enclos en bois, nous pouvons sentir sa respiration et meme toucher sa queue... Nous sommes a la fois desoles et impressionnes par cette rencontre : l'animal est d'une splendeur, d'une taille et d'une puissance incroyables.
Les autres moments dans le parc sont moins mitiges et nous profitons avec un plaisir infini de l'atmosphere, des bruits de la foret, des odeurs et du froid des rivieres qu'il faut parfois traverser a pieds... si possible, loin des crocos !

Petit tour a dos d'elephant
Nous achevons notre escale au Chitwan par une petite ballade... a dos d'elephant ! Assis derriere le cornac, accompagnes de Tony et Thomas,nos rencontres de la jungle, nous nous enfoncons dans la foret. A deux metres de hauteur, il faut jouer des coudes avec les branches d'arbre et eviter de se faire assommer.
La ballade est epoustouflante. On est tres impressionnes par la relation entre le cornac et son elephant, obeissant au moindre de ses gestes et paroles. Et completement sous le charme de ces pachydermes, si enormes et pourtant si delicats quand il s'agit de descendre une marche de terre ou d'eviter un obstacle. Si forts aussi quand il s'agit de degager le passage. En deux temps trois mouvements, la trompe de notre elephant s'enroule autour de tronc et les arrache de terre avec une facilite deconcertante.
Grace a notre destrier, nous parvenons a apercevoir de tres pres biches, singes et sangliers ... et de nombreux rhinoceros en famille : maman et petit qui ne s'inquiete nullement de la presence de leur grand cousin. Jolis moments de poesie offerts par des animaux qui en imposent !
De retour en Inde, nous savourons notre derniere escale et nos dernieres semaines de voyage. La deception de reporter la derniere partie de notre periple est largement compensee par le bonheur de vous retrouver tres bientot !
