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Laos : dans la nature des hommes - 27/12/2007
Heureuses fetes a tous !
Bonjour a tous ! Nous commencons par vous souhaiter de tres joyeuses fetes de fin d'annee ! Nos pensees etaient avec vous le soir de Noel ! Nous sommes ce 26 decembre en transit a Bangkok, d'ou nous vous envoyons le recit de nos deux semaines au Laos ! A tres bientot !

Sur les terres des Akhas
10 decembre : deux minutes de pirogue a moteur sur le Mekong, et nous voila au Laos, a Houay Xai, precisement. Des le lendemain matin, nous enchainons sur une journee de transport pour atteindre notre premiere etape, Muang Sing au Nord du Pays. La frontiere chinoise n'est qu'a dix kilometres et, paradoxalement, ce n'est que dans trois mois que nous aterrirons dans l'empire du milieu... Les influences chinoises transpirent d'ailleurs dans cette petite ville exotique. La terre rouge, les maisons sur pilotis nous y accueillent, en meme temps que les sourires des habitants. "Sabaideeee !!!" nous saluent les enfants sortant de l'ecole. Tous plus beaux les uns que les autres...
De Muang Sing, nous contractons un trek a la rencontre de la culture Akha. Nous partons des le lendemain, accompagnes de nos deux guides - Santi et Soya, en transcription phonetique - pour trois jours et huit villages a visiter. Vieille de treize siecles environ, la culture Akha est nee et a grandi entre le Tibet, la Chine et l'Asie du Sud-Est, au fil des conflits politiques. Aujourd'hui, les tribus AKhas vivent sur les hautes collines du Laos, de Thailande, du Vietnam et de Birmanie. Au terme de notre premiere demi-journee de marche, nous rencontrons deux habitantes du premier village : elles portent le costume traditionnel des femmes Akha, et notamment une coiffe tres travaillee, sertie de pastilles d'argent et, surprise, de larges pieces francaises : des piastres d'argent vieilles parfois d'un siecle. L'ensemble est diablement esthetique, autant que pittoresque. Elles et nos guides nous escortent dans la jungle laotienne. Dans ce cortege colore, nous nous prendrions presque pour des Nicolas Hulot en plein tournage d'Ushuaia !
Nous parvenons au village apres avoir traverse des paysages superbes, surplombant la vallee et les rizieres a perte de vue. Traversant, par moments, des champs de canne a sucre immenses. C'est l'apres-midi, les enfants sont encore a l'ecole. Nous arrivons a l'heure de la recreation pour decouvrir comment, avec rien, tous inventent des jeux collectifs a force d'imagination. Munies de simples palets, les filles jouent entre marelle et billes. Les plus petits n'en finissent pas de courir derriere une roue de velo qu'ils poussent avec assurance, baton a la main. Plus tard, nous verrons d'autres enfants jouer au bowling de rue (une tong en guise de boule, des bouteilles de biere pour quilles...) ou a l'elastique, avec des morceaux de ballons de baudruche noues bout a bout. Meme surprise en voyant de petits bouts de chou se laver seuls a la fontaine du village. Deux ans a peine, et ils s'y rendent avec leur petit panier - serviette, savon, peigne - et font leur toilette avec circonspection avant de rentrer sagement chez eux... Nous decouvrons les maisons de bois sur pilotis. Rudimentaires mais fonctionnelles, charmantes. Durant ces trois jours, nous apprenons a decrypter le mode de vie des Akhas. Immersion totale.

Nouvel An avant l'heure
Animistes, les Akhas croient aux esprits, et la culture du riz guide le rythme de la vie. Les semaines ont douze jours, et chaque village organise son propre calendrier. Par chance, nous tombons au bon moment : l'un des bourgs que nous traversons est en plein festival de Nouvel An ! En soiree, nous nous joignons donc a la fete : sur la place, des ficelles colorees delimitent une piste de danse ou les adolescents se rencontrent sous le regard des parents masses tout autour. Les Akhas se marient jeunes, et les premiers enfants sont attendus entre quinze et dix-sept ans. Nos guides nous parlent de la "hutte des celibataires", une chambre privee batie dans chaque village ou garcons et filles peuvent s'aguerir avant l'age du mariage... Si une fille tombe enceinte apres etre passee par la, on la considere chanceuse et rien ne l'oblige a epouser le pere de l'enfant... On en apprend !
Ce soir-la, sur la place du village, tous les regards sont sur nous. Peu de touristes passent par ici, encore moins les soirs de fete. Nous decidons donc de profiter de l'occasion a fond : sous le regard incredule des quelque deux cents villageois renuis sur la place, nous nous joignons aux danseurs et partageons nos meilleures choregraphies ! Les gens sont hilares. Comme en Bolivie, chez les Aymaras, garcons et filles dansent face a face, en lignes, sans se regarder. Comme chez les Aymaras, on profite de la fete pour boire et reboire...
Nous avons eu l'occasion de nous en rendre compte : en visiteurs "speciaux", nous sommes invites dans de nombreuses maisons a partager un plateau de nourriture. Riz, viande de buffle cuite ou crue, omelette... Biere et whisky maison aussi (Lao-Lao)... Si Assya parvient a s'y soustraire d'un joli sourire, Ben a bien du mal a ne pas vexer nos hotes qui, etape apres etape, insistent a ce qu'il siffle au moins un verre de chaque. Tant bien que mal - en vidant une partie de chaque godet entre les planches des terrasses - on arrive a s'en sortir sans contrarier personne... Et, dans la remorque d'un tracteur petaradant, nous rentrons a notre hutte sous un ciel de millions d'etoiles. Nous avons vraiment le sentiment d'etre seuls au monde avec ces tribus fascinantes.
Lors de la deuxieme soiree, nous participons a une veillee avec les representants de notre village d'accueil. Autour du feu, apres avoir partage le repas, nous ecoutons leurs plus belles chansons, d'emouvantes polyphonies racontant l'amour et le travail des champs. En retour, ils nous demandent si nous avons des chansons a leur chanter... Ah... On s'execute dans la limite de nos moyens, passant pas Louis Chedid, Brassens, Claude Francois, Joe Dassin ("Champs Elysees", il fallait au moins ca !) et une reprise endiablee de "Qui Saura" de Mike Brant (dedicace a nos Mamans !) qui souleve de grands eclats de rire. Sans se comprendre, on se comprend. Nous demandons a la dizaine d'enfants presents s'ils ont une chanson eux aussi : ils improvisent un spectacle d'un quart d'heure, choregraphies a l'appui ! On decouvre qu'ils ont une version de "Frere Jacques" en langue Akha ! Et, quand pour les remercier, nous chantons les aventures d'Esteban et de Zia, leurs jolies frimousses nous regardent fascinees, comme sous le charme...
Nous quitterons les Akhas au terme de ces trois jours d'aventure, avec le sentiment d'avoir decouvert - plus que compris - leur quotidien. Sur les chemins de campagne, entre les rizieres et les plantations d'heveas, nous retournons au monde et aux routes...

Les voyages deforment la jeunesse ?
Ah, la route... Sur nos deux semaines laotiennes, nous avons passe plus de 35 heures dans des bus. Autant dire que les transports ont ete une sacree partie du voyage - en quantite et en qualite ! Pour le peu que nous en avons vu, le Laos est une immense foret, avec quelques routes sur lesquelles s'accrochent des villages plus ou moins grands... Sur ces routes, les bus roulent a droite - heritage de la France. Enfin, en pratique ils roulent a droite quand ca tourne a droite, et a gauche quand... Voila qui perturbe un peu, au debut.
Notre premier long trajet (dix heures entre Luang Nam Tha et Luang Prabang) restera comme une aventure en soi. Plus spectateurs qu'acteurs, nous avons savoure le charme des bus locaux : aucun confort, mais qui s'attendait a autre chose ? Des dizaines de sacs de riz dans l'allee centrale, entre lesquels on trouve la place pour quelques tabourets, histoire d'asseoir les victimes du surbooking... Sur ce bus de jour, pas de musique. Pas besoin : ca permet de profiter pleinement des raclements de gorge a 300 decibels et des bruits de crachat auxquels les Lao, hommes et femmes, s'adonnent avec une frequence redoutable. L'autre bruit caracteristique des bus locaux, c'est celui - rejouissant - du vomi par la fenetre... Car ils ont beau voyager, les Lao ne semblent pas s'habituer aux heures de bus sur les route sinueuses. Du coup, nombre d'entre eux sont invariablement malades a bord. Au point qu'on distribue des sachets avant le depart. Ca ne suffit pas toujours, a en croire les traces que portent les carrosseries des bus, juste sous les fenetres... L'un des bons cotes des bus, c'est leur flexibilite : ils s'arretent a la demande, notamment pour les pauses pipi. Alors, on se rue dans l'allee, au-dessus des sacs de riz, ou on se jette carrement par la fenetre pour aller se soulager. Hommes et femmes, se livrant a leurs besoins sur le cote du bus, en pleine lumiere... Cela dit, tous n'en profitent pas : d'ou notre surprise de voir la jeune maman assise a cote de nous soulever les jambes de sa petite fille pour lui faire faire pipi... entre les sieges ! Ah, les voyages en bus au Laos, tout un poeme !
Quand, quelques jours plus tard, nous empruntons un bus de nuit vers Vientiane, nous nous rejouissons par avance de pouvoir avancer dans nos livres respectifs. Le bus n'est pas encore parti qu'une musique tonitruante nous dechire les oreilles : le caisson de basses place juste au-dessus de nous (pas de bol) hurle la voix de George Michael, et nous voila partis pour une soiree de karaoke facon guimauve. Lumiere eteinte, bien entendu...
Droles, incroyables, parfois touchantes, ces situations rocambolesques nous ont surtout permis de partager le sourire des Lao croises en route. Compagnons de voyage, nous avons pu rire ensemble, partager un peu a travers des gestes avec ces locaux si gentils, si paisibles et bienveillants.

Sous le charme de Luang Prabang
Les backpackers que nous avons croises etaient unanimes sur l'atmosphere de Luang Prabang, l'ancienne capitale du Laos. Classee au patrimoine de l'Unesco, la ville ne nous a pas decus. Certes, elle est archi-touristique. Certes, les prix y sont parfois ridicules, mais pour autant, il est difficile d'echapper a la langueur des apres-midis au bord du Mekong, au charme desuet de ces grandes maisons a la francaise, a ces innombrables enseignes d'artisanat elegant...
Nous avons donc succombe avec plaisir... Et pris le temps de vivre, aides en cela par la chaleur accablante et les apres-midis a 40 degres passes. Savourant nos "Fruit Shakes" glaces, nous avons assiste a de nombreuses parties du sport national : la petanque ! Un autre reliquat de l'epoque coloniale, qu'on designe ici par le nom de "Petang" (authentique !). A Luang Prabang, un vaste et charmant marche s'etend chaque soir dans les ruelles du centre. On y trouve des stands d'artisanat par centaines. Dans les allees, a peine un bruit. Le marche respire le calme - presque un symbole de l'art de vivre ici. C'est donc au son des grillons qu'on negotie, dans de grands sourires et une persuasion toute courtoise.
Nous avons d'ailleurs profite d'une de nos journees pour aller a la rencontre des artisans. Sous un soleil de plomb, nous avons entrepris de nous rendre dans un village de tisserands, a trois kilometres de Luang Prabang. A pied et sans carte... Evidemment, nous nous sommes un peu perdus. D'ou une conversation cocasse avec une serveuse, dans un village desert, a qui Assya demande notre route. Elle nous repond en Lao, et nous ne distinguons que les mots "Nem Nem". Assya : "Nem ? What does it mean ?" Elle se tourne vers Ben, "Qu'est-ce que c'est Nem ?" Ben :"Euh, c'est peut-etre un nem ?" "Non, mais c'est quoi Nem Nem ?" "Euh, bein, peut-etre deux nems ?"... Ca ne nous a pas beaucoup avances, mais nous finissons par trouver le village, ou les minibus des tours organises deposent sporadiquement leurs touristes. Nous y decouvrons, dans les arriere-boutiques, des jeunes femmes affairees sur leur metier a tisser. Avec un savoir-faire deconcertant, elles fabriquent des etoles de soie pure. Une autre dame nous montre comment elle fabrique du papier, c'est passionnant. Nous repartons du village apres un apres-midi de decouvertes et d'emplettes...
Autre journee speciale autour de Luang Prabang : celle que nous avons passee a decouvrir la campagne environnante, dans le cadre d'un petit trek. VTT d'abord, sur les chemins de poussiere au milieu des forets de teck. Kayak ensuite, sur un affluent du Mekong, ou trois heures a ramer sur des eaux calmes, et a regarder les enfants recolter les algues de la riviere : sechees et conditionnees, elles sont un mets savoureux, specialite de la ville. La pause dejeuner de cette journee sportive nous a permis de decouvrir les somptueuses chutes de Kuang Si. Baignade delicieuse dans ces bassins naturels, tandis qu'un camp d'elephants tout proche nous a permis de faire copain-copain avec un pachyderme plutot joueur...
Quelques journees agreables en somme, ou il nous a ete difficile de realiser que Noel approchait a grands pas...

En vitesse a Vientiane, en douceur a Vang Vieng
C'est a Vientiane - la capitale - que nous avions prevu de passer Noel. Nous y sommes arrives a 5 heures du matin, apres un bus de nuit. Le temps de laisser la ville se reveiller, notre premiere impression n'a pas ete transcendante. Nous arrivions de Luang Prabang, de ses rues charmantes et arborees... Les arteres de Vientiane n'invitaient pas a la promenade - ce que nous en avons vu, tout au moins. Plusieurs heures passees a chercher une chambre a un prix abordable (et sans cafards), et nous etions deja presque decides a repartir, a faire demi-tour pour Vang Vieng. Nous avions longtemps hesite entre les deux destinations...
Derniere chance que nous laissons a la capitale : une visite a son office de tourisme. Contrairement a ce qu'indiquent les horaires d'ouverture, nous y trouvons porte close, en pleine journee. Affiche en vitrine, un grand poster indique les "highlights" - les incontournables - de la ville. L'un des cinq points de la maigre liste nous propose "d'arreter un vendeur de fruits et de savourer un fruit shake dans la rue" - ce que nous faisons depuis notre arrivee au Laos - et nous abandonnons : nous prendrons le bus demain pour Vang Vieng. Meme l'office de tourisme ne semble pas pouvoir nous attacher a Vientiane.
Sur notre route, nous croisons l'ambassade de France et sa mediatheque. Nous y passons quelques heures a lire les nouvelles du pays. Ben se met a jour sur les transferts du Mercato (!), et Assya sur l'actualite politique. Nous decouvrons les dernieres frasques de notre "cher" president, et une couverture de Paris Match avec Rachida Dati en Jacky Kennedy de l'Interieur... Ca a l'air drole, les infos en France !
Nous deplacons donc notre Noel a la campagne, bien au Nord de Vientiane. Une nouvelle etape de nature : Vang Vieng et ses montagnes spectaculaires sur les bord de la riviere Nam Song. Une fois de plus, c'est une destination largement touristique. Nous nous y attendions, et avons accepte sans surprise le fonctionnement de cette etape : nourriture occidentale, cybercafes partout, et - c'est plus singulier - de nombreux cafes proposant en boucle des rediffusions de "Friends" a des touristes avachis dans des box, sirotant leur biere. Ca deplait a certains, on peut comprendre. Mais, pour le coup, l'ambiance est bon enfant.
Et le paysage est a couper le souffle. Nous decouvrons a velo ces pains de sucre gris fonce, hauts de centaines de metres. Roche ciselee, tendue en pointes vers le ciel. Au fil des kilometres, nous apprecions la diversite de ces paysages, la vie des villages. Arrivee a destination : une grotte que nous avons prevu de visiter. Large de cent metres, profonde de quatre-cents. Cachee dans l'une de ces enormes voutes de pierre. Apres avoir grimpe jusqu'a l'entree, nous decouvrons ces chambres demesurees, ces cathderales successives qu'eclaire un trou dans la roche. Temeraires, nous nous enfoncons alors dans l'obscurite avec notre torche... Quand celle-ci donne des signes de faiblesse, nous realisons que nous sommes seuls dans cet obscur labyrinthe de stalactites et mites... Rester coinces la un 24 decembre, on avait imagine mieux... On retrouve heureusement notre chemin vers la lumiere avant que la lampe ne rende l'ame ! Pour se remettre de nos emotions, nous piquons une tete dans le lagon bleu turquoise forme au pied de la grotte. Decidemment, ce Noel a vraiment des airs inedits !
La soiree du reveillon, nous la passons au restaurant, puis devant "Friends" (oui oui, avachis nous aussi, mais sans biere !), en pensant fort a vous tous. Evidemment, l'esprit de Noel est absent, si ce n'est pour quelques Americains ayant achete un bonnet rouge a pompons aux boutiques du coin... Ces Americains-la, nous les retrouvons par dizaines le lendemain pour l'activite-phare de Vang Vieng : le tubing ! Comprenez la descente de la riviere, sur cinq kilometres, assis dans une chambre a air de tracteur... Nous nous y livrons avec delice en contemplant le decor. Sur les rives, de nombreux bars ont fleuri, proposant balancoires et tyroliennes en tous genres pour se jeter a l'eau. l'ambiance est definitivement americaine, potache au possible, et on prefere en sourire...
Le long de la riviere, sous les montagnes de Vang Vieng, nous pensons a ce Noel si particulier, et a vous qui nous manquez. Et comme nos bouees, nos pensees derivent vers vous...
Seize jours, c'est trop court !
Etape de derniere minute, le Laos etait une surprise. Nous n'avons pas eu le temps de preparer notre periple comme ce fut le cas pour nos autres escales. D'ou le nombre d'arrets limites, et notre volonte de faire peu pour le faire bien. Pour autant, ces deux semaines ont ete tellement courtes que nous avons du mal a nous dire que nous avons vraiment decouvert le pays et sa culture.
Indubitablement, ce sejour nous a permis d'aimer ces endroits au point de vouloir en savoir plus. Le charme leger des Lao appelle a revenir, autant que les scenes somptueuses qu'y offre la nature. La douceur de vivre du Laos n'est pas une legende...
Reposantes, ces deux semaines nous ont aussi permis de faire le plein d'energie avant notre arrivee prochaine en Inde. Les voyageurs rencontres en route nous en ont tout dit, du meilleur au pire, et il nous tarde de nous faire notre propre idee !
Merci pour vos messages de ces dernieres semaines, pour vos superbes cadeaux en forme de videos, pour ces pensees de Noel partagees... Soyez surs que nos pensees vous accompagneront aussi le soir du 31, pour l'entree en 2008 !
A tres vite, Assya et Ben